Nous, les Wallons, parlons français, un français empreint ça et là de belgicismes. Depuis tout jeunes, nous les entendons autour de nous, sans même savoir, parfois, qu’ils font partie des mots que les autres francophones n’utilisent pas et ne comprennent pas.

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Durant mes études, mon professeur de français y a consacré un de ses cours et c’est là que j’ai été le plus étonnée, en voyant le nombre de mots que j’utilisais très souvent et dont je ne savais pas du tout qu’ils étaient, en fait, des belgicismes. Ma première réaction a été d’essayer de les éviter, pour parler un bon français, utiliser les bons termes et pour être comprise de tous. J’ai acheté des livres, pour tous les connaître et les éradiquer de mon vocabulaire. Un des livres que je possède a pour titre « Chasse aux belgicismes », titre parfait pour mon état d’esprit de l’époque. Je l’ai lu très vite et dès les premières lignes, j’ai été conquise : « A travers le monde, un même objectif : le français universel ». Je trouvais cela tellement juste et applicable si facilement, pour que tous les francophones se comprennent, sans ajouter au français de base des mots plus ou moins saugrenus, venant de chaque pays ou région.

Puis, plus tard, en y réfléchissant, j’ai changé d’avis. Chaque région de France, par exemple, a ses propres mots aussi sans pour autant ne pas se faire comprendre des autres compatriotes. Au fur et à mesure, je suis même devenue fière de ces mots. Je ne dis pas, par là, que je les utilise plus que de raison, que je me force à en insérer dans chacune de mes phrases, non. C’est juste que je ne réfléchis plus, à chaque phrase, pour être certaine de ne pas en employer. Et si, par mégarde, j’en utilise en compagnie de Français (ou autres) et que ceux-ci s’interrogent sur le sens de tel ou tel mot, hé bien, je leur explique et ne suis plus embarrassée d’avoir parlé de la sorte.

Pour cet article-ci, je n’énumérerai que les belgicismes les plus connus et utilisés par tous. Je ne m’attarderai pas ou peu aux wallonismes, aux flandricismes ou encore aux germanismes. Ceux-ci feront peut-être l’objet d’un prochain article.

En voici quelques-uns, j’ai privilégié les noms et verbes mais les expressions suivront, une prochaine fois.

Pour commencer, ceux que tout le monde connaît, ou presque, qu’on entend beaucoup : septante et nonante. Ils signifient simplement 70 et 90.

Ensuite, la drache et son verbe dracher, très connu, puisqu’ils désignent un phénomène répandu en Belgique : la pluie. La pluie, oui, mais pas n’importe laquelle! La drache, c’est une pluie abondante et subite. Nous l’utilisons d’ailleurs souvent avec l’adjectif national; la drache nationale, celle du 21 juillet (fête nationale belge) que l’on veut éviter mais qui se produit très souvent.

Beaucoup de belgicismes sont utilisés dans le milieu estudiantin, comme le blocus (période de révision entre la fin des cours et le début des examens), la guindaille (fête estudiantine), les valves (panneaux d’affichage dans les écoles et universités), l’heure de fourche (une heure, au milieu de la journée d’un étudiant où il n’a pas cours), busé (échec, rater un examen), brosser (ne pas assister à un cours, faire l’école buissonnière), kot (chambre d’étudiant, louée à l’année).

Mais ne vous méprenez pas, les belgicismes sont aussi employés par tous, avec le mot renon, par exemple, qui équivaut à une résiliation, en matière de loyer. Ou encore le terme vidange, qui est tellement utilisé qu’on oublie qu’il s’agit d’un mot « de chez nous », qui veut dire bouteille consignée.

Après la bière (ou le vin, oui), finissons bien et parlons chocolat avec le ballotin de pralines, que les autres Francophones remplaceront par boîte de chocolats.

Pour les Belges qui me lisent, faites attention, les belgicismes sont partout et pour les autres Francophones, soyez indulgents. Sur ce blog-même, il se pourrait qu’il s’en cache déjà quelques-uns…