La grand-mère qui sommeille en moi (j’ai passé le cap des 31 ans, le week-end dernier, ça ne pardonne pas…) me fait dire des choses d’une autre génération, parfois. Le fameux « c’était mieux avant » s’insère dans mes conversations, sans que je ne m’en rende vraiment compte…

 

Avant, c’était mieux, quand je n’avais pas de téléphone portable. Pour avoir des nouvelles de mes amis, je me rendais chez eux ou je leur téléphonais, sur leur téléphone fixe, tout en connaissant leur numéro par cœur. On passait des soirées entières à discuter entre amis, en famille, à refaire le monde, sans qu’une sonnerie ne vienne entraver nos plans les plus farfelus. On allait au restaurant et on n’était pas dérangé par les longues conversations du voisin, son téléphone collé à l’oreille.

Avant, j’écrivait ; mais pas de mails, de messages ou encore de tweets, non! Une feuille de papier, un stylo et je couchais toutes mes pensées. Pas de bug ou de problème de connexion, avec cette méthode et quel bonheur de recevoir dans ma boîte-aux-lettres, une lettre manuscrite et/ou autre chose que des factures indésirées.

Avant, tout le monde lisait… des livres! L’odeur du papier, le bruit des pages qui glisse sous les doigts ; rien ne saura remplacer la sensation unique de tenir ce livre tant attendu en main, pas même les tablettes, liseuses et tout autre technologie moderne. Avant, je cherchais des réponses dans les encyclopédies ou à la bibliothèque, je jonglais avec l’ordre alphabétique (oui, faites le test avec des plus jeunes, vous risquez d’être surpris) et je découpais des articles dans les journaux pour nos travaux de groupe.

Avant, la télévision, c’était déjà pas très relevé mais je préférais nos séries B d’antan à toutes ces télé-réalités actuelles plus absurdes, les unes que les autres… (ah, je vous avais prévenu, la mamy est de sortie…).

Avant, j’étais insouciante, innocente, naïve, je voyais le monde avec des yeux d’enfant, j’idéalisais chaque événement, j’imaginais chaque seconde de ma vie future, je croyais tellement fort en certaines choses que j’étais sûre que rien ne pourrait les ébranler et pourtant…

 

Mais, ah oui, enfin, un « mais »! La jeune femme que je suis (oui, oui, j’ai dit « jeune », et alors?) pense quand même que maintenant, c’est mieux ; et ce, pour différentes raisons.

Maintenant, grâce aux téléphones portables, en cas d’urgence, je peux être joignable à tout instant, je peux réconforter un ami qui en a besoin là, tout de suite et je peux me sentir soutenue dans n’importe quelle situation.

Maintenant, avec la rapidité et l’étendue d’Internet, des messageries et des réseaux sociaux, je communique avec qui je veux, quand je veux, je retrouve des amis de longue date, perdus de vue, depuis un certain temps et je prends des nouvelles en seulement quelques secondes d’une personne vivant à l’autre bout du monde.

Maintenant, les avancées scientifiques, mathématiques et informatiques me font voir le monde différemment, il m’arrive régulièrement de penser à des inventions utiles ou futiles pas encore créées, à imaginer ce à quoi pourrait ressembler demain…

 

Et après? De quoi sera fait demain? Sera-t-il mieux qu’avant et que maintenant?

Finalement, je vis et je vieillis à mon rythme !