Cette fois, il ne s’agit pas d’un article de dégustation mais plutôt sur un projet que nous allons tenter, Helle et moi-même.

Pour faire original, nous allons, nous aussi, nous essayer au brassage de notre propre bière. En plein automne, c’est la période idéale avec l’hiver qui arrive; et nous n’avons pas de cave ou de chambre froide.

Une autre époque

J’ai déjà tenté l’expérience mais le résultat au goût (en somme le principal résultat même si on dit que l’important c’est de participer) n’y était pas. Quoiqu’il me reste encore une ou deux bouteille en stock, qui doivent maintenant avoir 5 ans, et elle se bonifie avec l’âge… mais il ne faudrait pas attendre trop longtemps non plus.

La dure réalité

Donc comme tout bon amateur et très sûr de moi, je me suis dit, on va faire directement un stout; on adore ça! Puis j’ai quand même été voir quelques sites internet, forums et autres blogs, et j’ai lu tout de suite des arguments pour me ramener à la réalité :

  • d’une part, il faut être bien équipé quoiqu’on en dise ; la faire chez bonne-maman à l’époque où le Détol n’existait pas, ça devait ressembler à de la gueuze.
  • d’autre part, il y a le coût des matières premières et mine de rien, il faut, d’après ce que j’ai vu, compter une vingtaine d’euros minimum pour 20 litres. Ce n’est pas encore tant que cela, mais un brassin raté, c’est raté… Puis les 20 euros sont pour une bière dite classique.

Il faut donc être préparé, avec quelques outils et cela sera le sujet de ce premier article, d’une série j’espère, concernant nos déboires brassicoles.

Une petite checklist

J’ai cherché (un peu) pour avoir une sorte de checklist du matériel minimal qu’il fallait avoir pour bien commencer à brasser. Je n’ai pas trouvé grand chose qui me plaisait. J’ai peut-être mal cherché aussi, volontairement ou non. (Cela me fait un bon sujet d’article…)
Du coup, on n’est pas mieux servi que par soi-même; je vais donc en faire une.

Mais tout d’abord, il faut savoir quelle méthode de brassage nous allons réaliser?

Dans le passé, j’ai déjà testé les kits « Brewferm » avec le moût en sirop. Je trouve que toutes les bières que j’ai déjà pu goûter de ce type se ressemblent toutes un peu. Donc nous allons nous lancer avec l’extrait de malt, juste l’étape au-dessus, au niveau de la difficulté et en besoin en matériel. Faire un brassage avec des grains, c’est mettre la Queue de Charrue avant les bœufs…

De plus, vivant en appartement, nous n’avons pas beaucoup de place… (Bon, la vraie raison est triple : l’équipement, par exemple un moulin à grains, puis la fainéantise de devoir moudre et enfin la principale raison, c’est qu’il faut y aller étape par étape).

Alors commençons par l’équipement que j’avais déjà en stock pour brasser avec le moût en sirop.

Venant du kit débutant Brouwland (environ 35€)
1- Un seau de fermentation de 30L avec robinet
2- Un barboteur
3- Un joli fourquet en plastique
4- Un goupillon pour les bouteilles
5- Une capsuleuse
6- Du ChemiPro OXI

Ce que j’ai racheté en même temps:
7- Un tonneau en plastique de 30L + Barboteur et Robinet (36€)
8- Un thermomètre Ikéa (5€)
9- Un pied gradué (5€)
10- Un densimètre (10€)

Ce qu’il nous faut encore:
11- Des bouteilles (on opte pour des 75cL à cause du manque de place)
12- Des capsules
13- Un Erlen (ayant étudié et travaillé là-dedans, je me dois de préparer un beau levain)
14- Du parafilm pour mettre au dessus de l’Erlen
15- Une cuve de brassage
16- Un système de refroidissement

Le plus important:
17- Deux verres
18- Un décapsuleur

La dépense

Evidemment, pour faire le brassage, il me faut une casserole ou une cuve de brassage digne de ce nom et avec robinet. Il ne s’agit plus de faire chauffer une boîte de conserve et de la vider dans de l’eau froide. Mais une vraie cuve, ça a son prix et un fameux prix! Comptons minimum 200€ pour 30L avec robinet.

A cela, doit s’ajouter un équipement pour une étape assez « touchy » comme on dit. C’est l’étape de refroidissement du moût. En effet, le liquide est stérile, plein de sucre fermentescible et donc aucune levure pour prendre le dessus sur une éventuelle contamination.

J’ai donc regardé pour un serpentin en inox (ou cuivre), neuf il faut compter à la grosse louche 100 à 150€ pour que ça soit encore utile pour de plus gros volumes. Pour l’échangeur à plaques, c’est un peu moins cher et apparemment plus efficace; environ 80 à 120€. Mais ça c’est quand on utilise la gravité pour faire passer le moût. Pour aller plus vite, il faut rajouter une pompe.

Donc imaginez, combien de bières on doit produire et/ou vendre (pour autant qu’elles soient réussies) pour rentabiliser ça.

La main à la pâte

Donc le petit projet/objectif à court terme c’est de fabriquer ces deux équipements DIM (Do It Myself enfin avec de l’aide quand même).

Pour la cuve, j’ai récupéré, il y a un certain temps, une cuve en aluminium de 30L. C’est typiquement une casserole pour faire de la soupe, mais ça fera très bien l’affaire pour commencer. Je vais lui rajouter un robinet de plomberie. Pour cela, il y a de bons tutoriels, mis à part qu’il me semblerait que nous n’avons pas le même système d’unité qu’en France (pays d’où vient le blog où j’ai trouvé le tutoriel). Mais ça, vu ma connaissance du monde de la plomberie et de l’art manuel en général, je raconte peut-être n’importe quoi. On verra bien pour le prochain article.
Donc il « suffit » juste de mettre un robinet, et ses quelques joints assortis, à quelques centimètre du fond et le tour est joué.

Pour le système de refroidissement, j’ai opté pour faire un serpentin en cuivre (idéal avec l’alimentaire vu que c’est un agent antibactérien) à la main en partant d’un tuyau droit enfin, pas vraiment en serpentin comme je voudrais. Je dois encore voir quel est le diamètre idéal du tuyau et aussi sa taille. Je pensais à vu d’œil qu’avec 2 mètres j’aurais assez, sans réfléchir évidemment. Mais ça sera plutôt 10 mètres… (Donc un peu impossible pour le tuyau droit!)
Concernant le type de cuivre à utiliser, la plupart des gens, de ce que j’ai lu, utilise du cuivre recuit parce qu’il est plus facile à travailler à la main mais le résultat obtenu, tout à fait fonctionnel, est un peu bancal. Comme je ne suis pas connaisseur du tout, mais ayant de l’aide et une cintreuse on peut peut-être utiliser du cuivre normal?? Cela fera peut-être plus joli.

Voilà concernant les équipements et je ne manquerai pas de montrer le résultat de tout ça.

Ce n’est pas tout

Il reste encore les matières premières, mais je ne me suis pas encore bien décidé. Je vais rester très basique, question de budget et aussi dépendant des malts et levures les plus utilisés, histoire d’avoir plus de recettes, de support et d’articles sur l’Internet.

Nous allons certainement aller sur l’idée d’une Triple avec un seul type de malt et un seul type de houblon.

Le marchand

J’imagine que je vais aller me procurer tout ce dont j’ai besoin chez « Le Gorli » situé à Namur. Je suppose que c’est encore ouvert. C’est d’ailleurs là-bas que j’avais été à l’époque des kits Brewferm, ainsi que chez Aveve.

Concernant le petit matériel tel que des pots,… tout le monde a tout ce qu’il faut pour ça chez lui.

 

Voilà, je pense qu’avec tout ça nous serons paré pour notre futur breuvage!

Maintenant, mon plus gros objectif, c’est de le tenir!

Cheers!

PS: Ne sait-on jamais, mais demain (à l’heure où cet article sera publié, le 23 octobre 2015), c’est le Festibière de Gembloux! Peut-être ferai-je un article pour expliquer quelques bonnes découvertes!